Investir sur l'action Schneider Electric : OUI ou NON ?
Quand j’ai commencé à investir, c’était un peu la roulette russe : un coup sur une entreprise parce que son logo était sympa, un autre sur un secteur dont j’avais vaguement entendu parler sur youtube.
Autant dire que la démarche était tout sauf analytique.
Allez, on ne va pas se mentir, on l'a tous fait à nos débuts :p
Mais, à force de lectures, d’analyses et de quelques erreurs bien coûteuses, j’ai progressivement affûté ma méthode.
Aujourd’hui, ma stratégie est simple : je ne vise que les meilleures entreprises, celles qui combinent croissance, solidité et vision à long terme dans l'objectif de me constituer une solide source de revenus passifs et de battre les indices.
Et c’est là que la question Schneider Electric
se pose : Un pilier de l’énergie et de l’automatisation, au cœur de la transition écologique et technologique.
Mais mérite-t-elle vraiment sa place parmi les meilleurs ? Analysons ensemble pourquoi cette entreprise intrigue autant, et si elle coche toutes les cases d’un investissement de qualité.

Salut, c'est Quentin
Je vais te montrer comment préparer ta retraite anticipée grâce à la bourse. On voit ensemble les bases ?
Schneider Electric : le mastodonte de l'efficacité énergétique
Vous connaissez Schneider Electric ? Non ? Pourtant, il y a de fortes chances que vous ayez croisé leur technologie sans même vous en rendre compte. Que ce soit dans les systèmes électriques de votre immeuble ou les infrastructures d’une usine, Schneider est partout.
Je me rappelle de la première fois que j'ai connu l'entreprise, c'était quand j'avais manipulé le disjoncteur dans mon club de tennis pour rallumer les lumières (difficile de taper la balle dans le noir).
Un disjoncteur Schneider Electric

Mais aujourd’hui, on ne va pas parler disjoncteurs. Non, on plonge dans les coulisses de leur succès et on décrypte pourquoi leur action attire autant les investisseurs.
Schneider Electric, le couteau suisse de l’énergie
Schneider Electric, c’est un peu comme ce pote qui sait tout faire : du bricolage high-tech, de la stratégie écolo et même un peu de robotique. Fondée en 1836 (oui, ils étaient là avant que la lumière soit « électrique »), cette entreprise a su s’adapter et innover comme peu d’autres. Aujourd’hui, elle opère dans plus de 100 pays et emploie 128 000 personnes.
Leur objectif ? Rendre le monde plus économe en énergie, plus intelligent et plus durable. Imaginez des bâtiments capables de réduire automatiquement leur consommation ou des usines optimisées grâce à l’intelligence artificielle. Chez Schneider, on ne parle pas seulement d’électricité, on parle de réinventer notre façon de consommer l’énergie.
Pourquoi Schneider cartonne ? Une stratégie en 3 pilliers
Schneider ne joue pas au poker, ils ont une stratégie bien ficelée. Voici trois raisons pour lesquelles leur business modèle a de quoi impressionner.
1. Diversification des clients : un vrai filet de sécurité
Imaginez une table à trois pieds : même si un pied casse, elle tient encore debout. Eh bien, c’est exactement ça la diversification chez Schneider. L’entreprise ne dépend pas d’un seul marché ou type de client. Résidentiel, industriel, infrastructures… ils sont partout.
Exemple ? Prenez une usine qui utilise leurs solutions d’automatisation pour économiser sur l’énergie. Si demain le secteur industriel ralentit, Schneider peut toujours compter sur ses clients du bâtiment ou de l’immobilier pour équilibrer. Résultat : une stabilité impressionnante, même en cas de coup dur sur un secteur.
2. Des revenus récurrents : le Netflix de l’énergie
Ce que Schneider a compris, c’est que vendre une machine, c’est bien. Mais accompagner ses clients sur le long terme, c’est mieux. Grâce à leurs services de maintenance et leurs logiciels en abonnement, Schneider génère des revenus récurrents.
Imaginez une usine qui paie chaque mois pour que ses systèmes soient constamment optimisés et surveillés. Ça ressemble à quoi ? À un abonnement Netflix, mais pour l’industrie. Pour une entreprise comme Schneider, c’est une sécurité financière et pour les investisseurs, c’est du solide.
3. Pouvoir de fixation des prix : l’art de la rareté
Schneider, c’est le chef étoilé de son marché. Pourquoi ? Parce qu’ils innovent. Leur plateforme EcoStruxure, par exemple, combine intelligence artificielle et gestion énergétique pour rendre les infrastructures plus intelligentes. Pas étonnant que leurs clients soient prêts à mettre le prix.
Et avec la transition écologique en pleine accélération, Schneider est devenu un acteur incontournable. C’est simple : si vous voulez de la technologie propre et performante, c’est chez eux que ça se passe.
Performances financières : ils en ont sous le capot
Une croissance régulière
Schneider Electric a fait grimper son chiffre d'affaires de 23,64 milliards d'euros en 2014 à 35,90 milliards en 2024, soit une croissance annuelle moyenne (CAGR) de 4,36 %. Avoir un bon pouvoir de fixation des prix, ça aide !

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Le résultat d'augmentation avant amortissement et dépréciation (EBITDA) est également en hausse passant de 3,66 mrd € en 2014 à 6,78 mrd € en 2024 soit une augmentation moyenne annualisée de 6,38 %

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Et pour finir : côté bénéfices, l'efficience est aussi au rendez-vous, avec une hausse de 117 % sur la même période, soit une augmentation moyenne annualisée de 8,22% .

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Des marges financières robustes
Du côté des marges, Schneider Electric affiche de bons niveaux de marge. La marge brute s’élève à 40,83 %, tandis que la marge opérationnelle atteint 18,41 %. Et enfin : leur marge nette, un indicateur clé de rentabilité, s’établit à 10,08 % ce qui reflète une gestion financière efficace dans un secteur gourmand en capital (moyenne de 5% de marge nette dans le secteur)

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Un endettement maîtrisé
Parlons maintenant de l'endettement. Bien maîtrisé, cela permet à l'entreprise de générer des cash flow et bénéfices à gogo. Mal maîtrisé, c'est la coupure du dividende et des performances médiocres qui seront au rendez-vous.
Voici 3 indicateurs que j'utilise afin de mesurer l'endettement, avec quelques explications (pas simple à comprendre quand on débute en investissement) :
1. Ratio d'endettement à long terme sur capitaux propres (Long Term Debt to Equity)
Ce ratio évalue la proportion de la dette à long terme par rapport aux fonds propres. Un bon ratio se situe en dessous de 70 % (ou 0,7). Sur les cinq dernières années, Schneider Electric affiche une moyenne d'environ 40 %, bien en deçà du seuil recommandé, témoignant d'une structure financière robuste.

Gearing ratio Schneider Electric - Koyfin
2. Ratio dette nette sur EBITDA (Net Debt to EBITDA)
Ce ratio mesure la capacité de l'entreprise à rembourser sa dette nette avec ses bénéfices avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement. Un ratio inférieur à 2 est considéré comme sain. Sur la même période, Schneider Electric présente une moyenne d'environ 1,2, en- dessous seuil recommandé, démontrant encore une certaine solidité financière.

Current ratio Schneider Electric - Koyfin
3. Ratio de liquidité générale (Current Ratio)
Ce ratio compare les actifs à court terme aux passifs à court terme pour évaluer la capacité de l'entreprise à honorer ses obligations à court terme. Un ratio supérieur à 1 est souhaitable. Sur les cinq dernières années, Schneider Electric maintient une moyenne d'environ 1,4, indiquant une position de liquidité confortable pour couvrir ses engagements à court terme.

Current ratio Schneider Electric - Koyfin
En résumé, Schneider Electric démontre une gestion financière solide, avec des indicateurs conformes aux standards recommandés, reflétant sa capacité à naviguer efficacement dans le paysage économique actuel.
Un dividende en constante progression
Schneider Electric ne radine pas avec ses actionnaires avec un dividende de 3,50 € par action, soit un rendement de 1,45 %. Un autre point positif, c’est leur constance : 14 années consécutives d’augmentation des dividendes.
Encore mieux, sur les 5 dernières années, la hausse annuelle moyenne du dividende s’élève à 8,29 %. Cette progression régulière est une preuve supplémentaire de la solidité financière de l’entreprise et de sa capacité à générer des flux de trésorerie solides à long terme.
Cette politique de dividende croissant est particulièrement adaptée aux investisseurs ayant un horizon long terme et cherchant à se constituer progressivement une source de revenus passifs.

Donnés - dividendes - Snowball Analytics
Performances boursières explosives
Bien que les fondamentaux soient juste "bon", Schneider Electric affiche une excellente performance boursière : une belle surperformance de l'indice SP500 sur les 5 dernières années : +144% pour Schneider contre 80% pour l'indice SP500.
Je dois avouer ne pas comprendre car la hausse des bénéfices (+8%/an) ne coïncide pas à cette performance de 28% / an. On peut donc se demander si l'action ne serait pas victime d'une hipe à cause de ses solutions utilisant l'intelligence artificielle.
La surperformance ne se justifiant pas par l'augmentation de ses bénéfices, je reste donc dubitatif quant à sa durabilité.

Comparaison Schneider Electric / SP500 index (seekingalpha.com)
Schneider Electric VS Microsoft
Schneider, c’est robuste, innovant, rentable, généreux en dividende et bien positionné. Mais comparé à d'autres actions de croissance comme Microsoft, ils jouent dans une autre ligue. Pourquoi ? Parce que Microsoft, avec ses logiciels 100 % dématérialisés et des marges opérationnelles flirtant avec les 50 %, est une machine à cash quasi intouchable.
Là où Schneider affiche une progression de son bénéfice net (8,22 % par an en moyenne), Microsoft joue dans une autre dimension avec une croissance des bénéfices souvent supérieure à 30 % par an sur les 5 dernières années. Cette dynamique est dopée par leur domination sur les marchés du cloud, des logiciels d’entreprise et des abonnements.
Marges de Microsoft (fois 3)

Marges de Schneider Electric

Acheter ou éviter ?
En résumé, Schneider est un champion solide et bien ancré dans des secteurs porteurs, mais il reste limité par ses infrastructures matérielles et des marges moins spectaculaires.
Microsoft tout comme Mastercard, en revanche, incarne la scalabilité et la rentabilité maximale des entreprises purement technologiques.
Pour un investisseur en phase capitalisation, Schneider est un choix judicieux, mais, à mon sens, d'autres entreprises plus rentable et moins gourmande en capital offrent de meilleures perspectives de croissance à long terme.
Rappelons pour terminer que dans une démarche de stock picking, investir dans de "bonnes" entreprises n'est pas suffisant. Visez toujours la crème de la crème, la ligue 1 des actions. Cela vous permettra de sérieusement doper votre rentabilité.
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Merci d'avoir lu cet article jusqu'à son dénouement et n'hésitez pas à me partager vos réflexions dans les commentaires 🙂
La bise,
Quentin